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                                              Nous participons au prix des premières lectures : chaque livre choisi est un objet à découvrir, manipuler, feuilleter avant d'en parcourir le récit. Ils ont 6 ans et vont être jurés d'un prix littéraire...Une belle aventure avec les petits CP...

 

Les 4 livres choisis pour cette 8ème édition :

  • Cherche figurants de Michaël Escoffier et Jean-François Dumont / l'école des loisirs
  • Mes dents, mes copains et moi de Karine Dupont-Belrhali et Aurélien Débat / Bayard Éditions
  • Le panier de Lulu de Kris Di Giacomo / éditions Frimousse
  • Le fils du samouraï de Géraldine Maincent et Dankerleroux / Éditions Milan

 



 

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Entre fables et réalités, tragédies falmiliales, amoureuses et politiques où se fondent les paysages, les décors et les esprits, Sylvie Gremain nous fait découvrir 49 scènes capitales parcourant la vie d'une petite fille puis d'une jeune femme à la recherche de son identité.  Pourquoi s'appelle-t-elle Lili pour sa famille alors qu'on l'appelle Barbara à l'école ?  Lili regarde son album de famille : une petite fille dans les bras de sa grand-mère, plus tard la même se balance et vole tel un oiseau sur sa balançoire. Lili petite fille unique partageant la vie de son père se retrouve à cinq ans affublée d'une autre famille un peu étrange, trois soeur, un frère et une belle-mère.  Son père vient effectivement de se remarier avec l'élue de son coeur. Ils vivent tous ensemble dans une nouvel appartement plus grand. Avec le temps ils apprennent pourtant à s'aimer, à devenir une famille malgré un drame familial que tout fait basculer et qui apporte une rupture définitive. Chacun quitte l'un après l'autre le foyer, les parents s'enfonçant  peu à peu dans une sorte de léthargie.

Lili est le témoin muet de ce drame, puis à son tour part étudier, change de cap en mai 68 faisant l'expérience communautaire, de rencontres et d'errances toujours à la recherche de la même quête sur ce qu'on ne lui a jamais dit de sa naissance, de l'identité de sa mère, cherchant sa place dans le monde et auprès de son père.

Ces petites scènes intimes exprimées à l'aide de tableaux, par petites touches poétiques grâce à une écriture magnifique nous racontent  les manques, les frayeurs et abandons de l'enfance, le secret des origines, l'identité, l'amour, la disparition des êtres chers.

J'ai beaucoup aimé ces tableaux instantannés qui tournent tous finalement autour du manque maternel, j'ai retrouvé dans ce livre tout ce que j'aime chez Sylvie Germain, le goût et la beauté des mots, la poésie, les couleurs, un parcours initiatique qui permet la connaissance de soi et une vraie réflexion de la vie entre tendresse, douceur et instants plus forts, presque violents parfois. J'ai bien aimé la fin du livre et ces trois scènes en particulier: les larmes de tristesse et de joie du roi Bilboc, le long monologue devant son père mort, et l'improvisation originale des passagers d'un train. Un superbe livre qui se lit doucement et qu'on savoure au fil des pages.


Une petite citation :

 

"...les petits riens ne sont jamais insignifiants, la beauté foisonne dans l'infime." (page 85)


 

Extraits :

 

"La chambre qu'elle partage avec ses soeurs d'adoption forcées ressemble à un dortoir : les parents ont regroupé les quatre filles dans la plus grande pièce de l'appartement...

Parfois Jeanne-Joy lit un conte aux trois fillette d'une voix assourdie comme s'il s'agissait d'un secret qu'elle leur confierait. Elles l'écoutent sans faire de bruit, sans bouger, le visage tourné vers le halo de la courtine. Alors elles sont enfin au diapason, Lili et les jumelles, réunies dans une même écoute charmée, les mots tissent des fils qui les relient avec légèreté, il n'y a plus de places dans les querelles, leur attention est requise ailleurs. Ce diapason est fragile, dès le lendemain il se perd, mais il laisse des traces, comme des taches de couleur dans leur imagination et il se rétablit à la séance suivante."

 

"Elle mange sans faim, le silence qui sature la chambre de sa grand-mère se transforme lentement en noeud dans sa gorge ; mais elle mange en abondance, pour lutter contre ce noeud, précisément. Elle sort du placard ses confitures préférées, celle aux prunes et celle aux abricots agrémentée d'amandes. Des confitures faites maison, incomparables. Nati est une exellente confiturière. Elle s'en gave, plongeant les doigts dans les pots, index droit dans les abricots, index gauche dans les prunes. Le goût des fruits, du sucre lui brûle la gorge, dissout le noeud."


 

  Lecture dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire PriceMinister-Rakuten.

 
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