L'histoire se passe à Beyrouth dans les années 50 et raconte la vie au quotidien d'une
famille de quatre enfants qui grandissent sous l’autorité d’un père particulièrement violent. Le frère, qui écrit des poèmes, va malheureusement être interné, car c'est un sacrilège d'écrire de
la poésie! Et c’est sa sœur qui souffrant intensément de cette situation se met à écrire pour lui rendre hommage, et tout en essayant de le comprendre, devient elle-même à son tour
écrivain.
Ce roman est très enraciné dans l'histoire et la
culture libanaise, faisant ressortir tous les problèmes d'identité de la langue usuelle ou maternelle.
La Maison aux
orties
est un roman court et autobiographique et est en quelque sorte la suite du précédent livre publié en 1998 et qui a été suivi d'une correspondance intense avec les lecteurs qui voulaient
savoir ce qu'était devenu le frère-poète interné et la mère de ces enfants. L'écrivain, plus que de nous dépeindre sa vie, met en présence des êtres absents, morts plus précisément. Elle
communique avec des personnes aimées qui ne sont plus de ce monde. Sa mère, son frère, son défunt mari. Vénus Khoury Ghata fonde l'écriture même de ce livre
sur la présence absence de ces êtres qui l'accompagnent partout où elle est, qui l'obsèdent et la détruisent à petit feu. Elle ne vit plus. Seule l'écriture la sauve. Elle s'enferme, persuadée de
pouvoir les retrouver. C'est une quête impossible et terriblement touchante.
Le langage de l'écrivain est admirable par son aspect puissamment poétique. Elle maîtrise à la perfection le français, qui n'est pourtant pas sa langue d'origine. Elle le manie avec brio, tout en
regrettant ses limites, notamment celle de n'être pas assez significative pour exprimer certains sentiments. Ce livre, c'est aussi de la couleur, couleur des gens, couleur des religions, couleur
des pays. Un livre ouvert sur le monde et les morts, qui essaye de comprendre la vie après la mort. Un livre écrit à Paris mais qui se passe ailleurs, dans l'imaginaire et les souvenirs de
l'auteur. 'La Maison aux orties', titre tiré de cette maison d'enfance pleine d'orties que personne n'enlevait, est un roman très intimiste. Il donne la
troublante sensation de nous emmener dans les recoins les plus secrets de cette femme, écrivant en toute transparence. (commentaire Evène car j'ai du mal à en parler moi-même)
Ce livre est un trésor poétique. J'ai eu vraiment beaucoup d'émotion après la découverte des
romans de cet auteure libanaise et j'ai eu du mal à quitter son univers après la lecture de ce deuxième roman. J'ai également apprécié ses talants de poétesse et j'espère
pouvoir découvrir ses recueils de poèmes.
Merci à Malice de m'avoir prêté Une maison au bord des larmes, ce fut une belle et
merveilleuse découverte bien qu'une lecture difficile..au bord des larmes..
"On n'en finit pas de vivre avec ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes..."