Les fauves hongrois enflamment Dijon. Remarquable est l’énergie qui caractérise les aventures esthétiques hongroises entre 1904 et 1914 : paysages d’hiver aux couleurs éclatantes, simplification de l’espace au ciel réduit sinon absent, aux ombres marquées, aux contours appuyés. Etranges et dérangeants, ces autoportraits d’une mordante ironie, volontairement exagérés avec toujours la volonté de mettre en relief la nature intérieure. Berény, Czóbel, Ziffer, Csaba, Bornemisza … témoignent par leurs œuvres de l’affirmation de leur propre style, influencé naturellement par leur contexte culturel et local : débauche de lumière, mais aux couleurs sourdes et aux bleus orientaux, grandioses, mais jamais tristes. Une peinture qui traduit aussi l’âme slave. Enrichis l’hiver de leur expérience à Paris -qui à cette époque fait figure de capitale de l’art-, ces artistes repartent peindre l’été à Nagybánya, pour exposer l’automne à Budapest.



Matisse est leur guide, voire leur maître, comme pour Perlrott Csaba. Les gouvernements de droite des années 1930, puis les dictatures de gauche des années 1950-60 se gardèrent bien de laisser éclater au grand jour cette aventure passionnante qui saisit la Hongrie, à la veille de la première guerre mondiale. Longtemps méconnu, le fauvisme hongrois aujourd’hui triomphe. Valeur ajoutée de l’exposition dijonnaise, la confrontation inédite de près de 100 oeuvres hongroises avec plus de 50 chefs d’oeuvre des plus grands maîtres français apporte un nouvel éclairage sur les sources de ce mouvement et ses
interactions avec le fauvisme parisien.





J'aurais découvert en autre Manguin, peintre du Sud et j'ai aimé me glisser cette nuit au musée entre deux tableaux colorés... visiter un musée la nuit en nocturne est assez incroyable; il s'y dégage une atmosphère très particulière, les personnages nous accompagnent et nous font des clins d'oeil....mes enfants avaient les yeux brillants d'émerveillement.





De tous les artistes qui exposèrent ensemble au Salon d'automne de 1905 et furent appelés les fauves, sans aucun doute Henri Manguin est-il demeuré le plus fidèle à cette facture vive, éclatante, immédiatement expressive. « L'expression, disait Matisse, vient de la surface colorée que le  spectateur saisit en son entier. » Franche, vigoureuse, directe, telle aura toujours été la peinture de Manguin. L'homme aussi était ouvert, généreux, attaché à ses amis, parmi lesquels Marquet, Matisse, Jean Puy, Signac, Bonnard. Il fit partie, comme les deux premiers, de l'atelier de Gustave Moreau à l'École des beaux-arts, copia les maîtres au Louvre et subit la révélation des grandes expositions : Cézanne en 1895, Van Gogh en 1901. Il découvrit, après Matisse, la lumière du Midi, dans l'été de cette année 1905, et allait trouver dans l'embrasement des couleurs le mode d'expression qui convenait le mieux à sa nature. Aux paysages de Provence (Le Golfe de Saint-Tropez, musée national d'Art moderne de Paris), solidement construits en plans successifs, s'ajoutent des natures mortes somptueuses et des nus pleins de force, opulentes figures qui traduisent l'élan de la vie, comme ces arbres aux puissantes ramures.[...]


La face ne ment point, c'est le miroir du cœur"   Henri Matisse

Tableau de Sandor Ziffer: la porte d'entrée
Tableaux de Henri Manguin
Trois oliviers
Nus de dos
Le repos de Jeanne
Le thé aux fleurs
Estampes
Le vieux port de Marseille

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