Est-ce un banal accident ? La noyade d’un jeune garçon dans les calanques de Marseille inquiète ce juge d'instruction -lui-même père de deux ados qu'il ne comprend pas toujours- au moment de partir avec femme, enfants et bagages vers la Grèce.
Avant son voyage à Athènes, il reçoit les parents dans son cabinet, afin de pouvoir mieux analyser; le père est conseiller juridique, n’ayant pour seul client l’entreprise de son beau-père, armateur international. La mère est accompagnée de son père, un Argentin nommé Chaquiri un peu trouble. L'intuition, le doute: noyade ou meurtre ?

Le  juge  ne  néglige  rien et surtout  prend la décision de ne pas classer le dossier sans suite; Juston son associé qui ne manquera pas de s’atteler à la tâche avec conscience, fournira ses rapports téléphoniques au Juge, durant le séjour de celui-ci près de la mer Egée. De Marseille à Athènes les vacances en famille risque d'être bien mouvementées d'autant plus que d'informations en informations le puzzle se reconstitue car toute l'histoire se passe en Grèce:


"Quarante ans auparavant, dans un petit village grec, le jeune Apostolos apprend la vie auprès d’un vieil instituteur déchu considéré comme gauchiste, pire comme communiste. Il lui révèle les agissements tenus secrets et cachés par le gouvernement sur les déportations d’enfants en camps ou dans des pays comme la Roumanie, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. 

Il encourage toutefois Apostolos à continuer ses études dans la capitale. Un peu perdu dans cette grande ville et avec les papiers à fournir pour l’inscription à l’université, Apostolos trouve un soutien en la personne de la belle Marina, issue d’une famille bourgeoise, mais qui ne se reconnaît pas dans les opinions politiques familiales. Elle l’entraîne dans des réunions de lambrakistes, du nom d’un ministre prônant des idées démocratiques, ou gauchistes, et peu à peu ils se sentent attirés l’un par l’autre.
Jusqu’à ce terrible jour du 21 avril 1967, jour où l’armée prend le pouvoir sous la férule de colonels soutenus par les Etats-Unis, et principalement la CIA. Les faits se compliquent de plus en plus...la démocratie est-elle possible?"

A cela s’ajoute une histoire d’amour entre deux jeunes gens épris de liberté, de justice, et la vision d’un juge d’instruction français sur ces événements.

Car il faut savoir qu’André Fortin, tout comme son narrateur, est lui-même juge d’instruction, et juge pour enfant. Il est au coeur des drames. C'est une enquête policière bien menée, un roman historique et d'espionage qui peut-être actuel (et qui m'a vraiment fait penser aux évènements vécus actuellement dans ce pays du Golfe persique et du dur combat vers la démocratie et la liberté que certains étudiants mênent ) et si l'on s'intéresse à la culture grecque: les voyages, les conversations, les réflexions de la famille en vacances, les petits ouzos sur les places ombragées et les villages d'une blancheur éclatante, m'ont rappelés bien des souvenirs pour avoir pris plusieurs fois moi-même la route de ce pays, et puis bien entendu, Marseille ville parfois mystérieuse.
Alors, si vous aimez la Grèce, son histoire, ses passions, ce livre ne pourra que vous plaire. Un très bon moment de lecture, il ne manquait qu'un petit "frapé" glacé....le soleil tape dur par ici !


Merci aux éditions Jigal de Marseille qui m'ont fait parvenir ce livre, merci à Babélio et Guillaume pour l'organisation et la rapidité..









Souvenir de Grèce: café "frapé" grec

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