MES MOTS POUR LE DIRE


Du temps passé au temps qui passe de C
andide
Agnèse


L
e printemps des Automnes

Ô pluie aux longs cheveux d'Automne!
Ne pleure pas les jours passés,
Ni les avrils recommencés,
Ni les hivers où l'on tisonne.

Dans le ciel gris le jour frissonne
Aux mots d'amour ineffacés,
Ô pluie aux longs cheveux d'automne!
Ne pleure pas les jours passés!

Un soleil, de bonheur, rayonne
Sur les brouillards de froids et glacés
Et nos deux coeurs entrelacés,
Viennent s'offrir à la Madone.
Ô pluie aux longs cheveux d'automne!


A 85 ans, Candide Agnèse publie un receuil de poèmes autobiographique qui retrace sa vie de 1939 à 2007: il a participé à de nombreux concours littéraires et nous raconte l'histoire de son Italie natale, en passant par Digne, Alger et Martigues. Malgré l'exil qui contraint sa famille à fuir un régime totalitaire, la guerre en Algérie, son difficile métier et des épreuves familiales douloureuses , Candide, à travers ses poésies classiques, ses haikus et alexandrins nous emporte sur un chemin de bonheur qui respire la Provence. "Esprit" "Ame" autant d'expressions que je pourrais employer pour percer ce mystère, révéler sa sensibilité, une identité qu'il nous révèle par le bout de sa plume. Des cigales, des genêts, le pistou, les platanes, la mer, les ruisselets, Noël, les éternelles amours, la famille,  les enfants et,  dans  ce reflet de vie, autant de symboles, de sentiments, de senteurs, d'histoire , de courage  qui font l' Ame de ce poète au charme si particulier...pour moi un bonheur de découverte, de lecture dont je ne me lasse pas, un livre qu'il faut avoir tout près de soi ...


Automnes

Le flot de nos printemps a déroulé ses rêves
Entraînant avec lui nos voeux exaucés,
Bonheur, toujours présent, aux minutes si brèves
Dans l'automne des ans lentement sont bercées.

Remontant vers l'amont dans le val de nos rides
L'onde des souvenirs retrouve le passé,
Sur les berges fleuries aux violettes candides,
Racines où nos vies se sont entrelacées.

A cet arbre ont grandi toutes nos espérances,
Dans ces branches, les joues, les pleurs sont mélangé,
L'été de Saint-Martin, redonne la jouvence
A l'éternel amour que nous avons forgé.

Langoureuse couleur aux dorures si chaudes,
Sous la voûte du ciel ondoie dans la forêt,
Topaze diaphanée, sous la coupole, brode
Tous les rouges cuivrés aux teintes mordorées.

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L
e vent du Nord de Léon Dupilet

 A quatre-vingt-cinq ans, on peut encor aimer.
Aimer faire des vers, aimer les réciter.


A quatre-vingt-cinq ans, on peut encor aimer.
Aimer l’odeur des roses et celle des œillets.


A quatre-vingt-cinq ans, on peut encore aimer.
Aimer le goût des frites et du saumon fumé.


A quatre-vingt-cinq ans, on peut encor aimer.
.....
On peut encor aimer
....
Aimer.


Je ne suis pas poète
- Non, ne protestez pas ! -
Je ne suis pas poète,
Loin de là, loin de là...

J
’ai seulement des mots qui trottent dans ma tête
A longueur d’insomnie.
Je ne suis pas poète,
Que nenni, que nenni !

J
e suis source de sons,
Tant mieux si les sons chantent.
J’arrose le cresson
et je foule la menthe.

L
a musique des mots me berce et je m’endors,
Au trot, au petit trot d’un Pégase aux yeux d’or.


Léon Dupilet est passionné de Jazz et de chansons; il invoque Jacques Canetti, Boris Vian, Yves Montand, Henri Salvador..etc...ses textes sont emplie de fraîcheur, de refrains, de ritournelles et de fariboles. Il célèbre la vie, le bonheur, la nature, les choses simples, les enfants. Son livre est un petit bijou grâce aux illustrations  colorées et amusantes de Lucie Bertrand. Une belle ballade optimiste pour faire sourire l'automne..


Laissons faire le temps

Toute fleur au verger sera cerise ou pêche
Pomme poire abricot châtaigne prune coing
Laissons faire le temps qui n'est pas si revêche
Et qui fait d'un hiver un nouveau lendemain...

Tout alentour de nous joue les métamorphoses
Transforme les chagrins en naïves chansons
Laissons faire le temps qui effeuilles les roses
Et qui les fait renaître à la belle saison.

 


L'aurore en chaperon rose
entrouvre la porte
    Les raisins doux frissonnent.
 
                

   Chantent dans les rangs
les bras chargés de rimes
            Des refrains étoilés
.                

      Le coeur d'une rose
     murmure tendrement
         Merci, merci, mon amie chérie!
   
                         


 Pour le feuillage d'or
 qui caresse de baisers
   les amoureux des bancs.

  

 L'ivresse du soleil
    glisse à travers la treille
     ses rayons rosés.





        Les roses de Septembre
     gardent en mémoire
        Les couleurs du printemps.


     Béatrix



Tableaux: Tullmann Abisag, Théophile Steilen

 

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