Nadeem Aslam offre dans cette fiction un aperçu de la tristesse et du désespoir
de la vie en Afghanistan, en ce moment, près de Peshawar et Jalalabad. Une femme russe, Lara, cherche des souvenirs de son frère, soldat disparu dans l'invasion soviétique une petite trentaine
d'années plus tôt. Elle est hébergée par un vieil homme, Marcus, médecin anglais dont la femme et la fille ont disparu et recherche le petit-fils qu'il n'a jamais vu, et qui est tout ce qui
lui reste de sa famille; Lara rencontre le gendre américain de son hôte, qui servit d'espion à la CIA dans les années 1980 en Afghanistan, et qui se confronte lui aussi aux fantômes du
passé, et aux compromissions du présent.
Le vieil homme est un médecin anglais, et ils offrent l'hospitalité, pour le
soigner, à un jeune homme qui est en fait un terroriste taliban. Tous ont souffert de la guerre, des services secrets, des terroristes, en Russie ou en Afghanistan face à la fragilité des
liens humains, de la raison, de la domination de l'ignorance et de cet endoctrinement.
Ce livre à la belle narration est empli d'émotion,
on arrive parfois pas à
croire ce que la folie et les êtres humains peuvent faire ou devenir ; on a presque honte d'appartenir à la nature humaine et on mesure le bonheur de vivre chaque jour dans un pays en paix. Ce
livre m'a permit de mieux comprendre ce qui se passe actuellement en Afghanistan, par contre il est nécessaire de se replonger dans une chronologie de l'histoire mouvementée et dramatique de ce
pays pour mieux saisir ce qui se passe actuellement là-bas.
Nadeem Aslam est est né en 1966 au Pakistan. Sa famille se réfugie dans le
nord de l'Angleterre lorsqu'il a 14 ans. L'auteur confirme ici le talent déjà remarqué dans son premier roman traduit en français "La Cité des amants perdus."
Est-ce un banal accident ? La noyade d’un
jeune garçon dans les calanques de Marseille inquiète ce juge d'instruction -lui-même père de deux ados qu'il ne comprend pas toujours- au moment de partir avec femme, enfants et bagages
vers la Grèce.
Avant son voyage à Athènes, il reçoit les parents dans son cabinet, afin de pouvoir mieux analyser; le père est conseiller juridique, n’ayant pour seul client l’entreprise
de son beau-père, armateur international. La mère est accompagnée de son père, un Argentin nommé Chaquiri un peu trouble. L'intuition, le doute: noyade ou meurtre ?
Le juge ne néglige rien et surtout prend la décision de ne pas classer le dossier sans suite; Juston son associé qui ne manquera pas de s’atteler à la tâche
avec conscience, fournira ses rapports téléphoniques au Juge, durant le séjour de celui-ci près de la mer Egée. De Marseille à Athènes les vacances en famille risque d'être
bien mouvementées d'autant plus que d'informations en informations le puzzle se reconstitue car toute l'histoire se passe en Grèce:
"Quarante ans
auparavant, dans un petit village grec, le jeune Apostolos apprend la vie auprès d’un vieil instituteur déchu considéré comme gauchiste, pire comme communiste. Il lui révèle les
agissements tenus secrets et cachés par le gouvernement sur les déportations d’enfants en camps ou dans des pays comme la Roumanie, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Il encourage toutefois Apostolos à continuer ses études dans la capitale. Un peu perdu dans cette grande ville et avec les papiers à fournir pour l’inscription à l’université, Apostolos
trouve un soutien en la personne de la belle Marina, issue d’une famille bourgeoise, mais qui ne se reconnaît pas dans les opinions politiques familiales. Elle l’entraîne dans des réunions de
lambrakistes, du nom d’un ministre prônant des idées démocratiques, ou gauchistes, et peu à peu ils se sentent attirés l’un par l’autre.
Jusqu’à ce terrible jour du 21 avril 1967, jour où l’armée prend le pouvoir sous la férule de colonels soutenus par les Etats-Unis, et principalement la CIA. Les faits se compliquent de plus
en plus...la démocratie est-elle possible?"
A cela s’ajoute une histoire d’amour entre deux jeunes gens épris de liberté, de justice, et la vision d’un juge d’instruction français sur ces événements.
Car il faut savoir qu’André Fortin, tout comme son narrateur, est lui-même juge d’instruction, et juge pour enfant. Il est au coeur des drames. C'est
une enquête policière bien menée, un roman historique et d'espionage qui peut-être actuel (et qui m'a vraiment fait penser aux évènements vécus actuellement dans ce pays du Golfe persique et
du dur combat vers la démocratie et la liberté que certains étudiants mênent ) et si l'on s'intéresse à la culture grecque: les voyages, les conversations, les réflexions
de la famille en vacances, les petits ouzos sur les places ombragées et les villages d'une blancheur éclatante, m'ont rappelés bien des souvenirs pour avoir pris plusieurs fois moi-même la route
de ce pays, et puis bien entendu, Marseille ville parfois mystérieuse.
Alors, si vous aimez la Grèce, son histoire, ses passions, ce livre ne pourra que vous plaire. Un très bon moment de lecture, il ne manquait qu'un petit "frapé" glacé....le soleil tape dur par
ici !
Merci aux éditions Jigal de Marseille qui m'ont fait parvenir ce livre, merci à Babélio et Guillaume pour l'organisation et la rapidité..
Souvenir de Grèce: café "frapé" grec